Gros plan… sur Bernard Bouger

Portrait de la semaine_Bernard BOUGER
Gros plan… sur Bernard Bouger
Notre gros plan de la semaine est consacré à l’entraîneur de l’équipe première et ancien attaquant professionnel : Bernard Bouger.
Bernard Bouger peut avoir le sourire ces dernières semaines. Ses joueurs et sa philosophie de jeu sont enfin récompensés après un début d’exercice compliqué. Le technicien, revenu au club en mars 2012 après une première expérience convaincante et une montée de DSR en DH, est un éternel insatisfait pour les plus grand plaisir de l’USFM. La quête de la performance de cet ancien attaquant de Lorient et de Sochaux amène progressivement Fleury dans une nouvelle dimension encore plus ambitieuse. Aux côtés du président Pascal Bovis, qui lui accorde un soutien permanent, celui qui s’inspire de Christian Gourcuff n’hésite à regarder vers le haut tout en restant humble. « J’ai été à bonne école, souligne-t-il. Être en CFA, ce n’est pas une fin en soi. »
La CFA de Fleury se porte bien actuellement…
C’est une bonne période. Après un début difficile, on a su redresser la barre. Les résultats sont meilleurs qu’en début de saison. C’est important de continuer sur cette dynamique.
Ces résultats sont d’autant plus notables que l’équipe gagne tout en proposant du jeu à chaque fois, non ?
 
Ça a toujours été ma marque de fabrique. C’est-à-dire tenter de l’emporter en produisant un maximum de jeu. Mais c’est surtout grâce aux joueurs que cela arrive et qu’on peut assister à de beaux matches.
N’y a-t-il pas aussi le fait que les nombreuses recrues réussissent à trouver des automatismes ?
Il faut être aussi objectif dans le sens où il y a pas mal de bouleversements à l’intersaison. Avec la volonté de pratiquer du beau jeu, il était quasiment évident que ça allait prendre du temps avant d’obtenir des résultats sur le terrain et puis en terme de points.
Début août, Fleury n’était « pas au niveau de la CFA ». Qu’en est-il à l’heure actuelle ?
 
Ce qu’on est arrivé à faire sur les cinq derniers matches notamment a fait évolué mon point de vue. C’est logique. On réalise actuellement une série qui me permet de dire qu’on possède le niveau pour jouer dans ce Championnat et d’y reste avant tout.
D’où vient cette volonté permanente de produire du jeu et de travailler avec le ballon à l’entraînement ?
 
C’est à travers la carrière que j’ai pu avoir. J’ai eu la chance d’avoir des entraîneurs qui prônaient le jeu. Il suffit de prendre comme exemple Christian Gourcuff qui est un maître en la matière. Il y a également Jean Fernandez pour qui la victoire passe essentiellement par le jeu et par la tactique. On va dire que j’ai été à bonne école.
C’est une règle d’or à laquelle vous ne dérogez jamais ?
Non. Il faut savoir s’adapter par moment néanmoins. On a su le faire sur certains de nos derniers matches. Notamment lorsqu’il y a eu des conditions de jeu difficiles, ce qui m’a amené à demander une remontée rapide dans le camp adverse plutôt qu’une relance construite et organisée. Cela dépend d’élément qui ne sont pas prévisibles comme l’état du terrain. C’est ce qu’il s’est passé en Coupe de France face à Sainte-Savigne où le temps était catastrophique. Au bout d’un quart d’heure, la principale consigne était de ne pas encaisser un but adverse sur une erreur de notre part en augmentant la rigueur dans les passes. Mais c’est aussi ce qui nous a manqué en début de Championnat. Il nous manquait cette rigueur de jeu et de discipline.
Qu’est-ce qui a changé ?
Il y a eu une prise de conscience générale. Des changements dans le staff sont également intervenus. Avec une très bonne entente parmi tous les membres qui apportent tous leurs compétences au service du collectif. Ça nous a permis d’élever la qualité du staff et par conséquent augmenter la qualité des entraînements proposés aux joueurs.
Quelles modifications ont été apportées au sein du staff de l’équipe première ?
Le staff est aujourd’hui assez important mais c’est nécessaire à la réussite d’une formation de CFA. Nous sommes six en comptant la personne qui filme les rencontres ou encore le responsable du recrutement. Il y a un entraîneur-adjoint et un entraîneur spécifique pour les gardiens auxquels il convient d’ajouter le préparateur physique accompagné d’une autre personne qui l’aide. Tout cela permet de mettre l’ensemble de l’effectif dans les meilleures dispositions.
Toute cette infrastructure fait-elle de Fleury une équipe privilégiée au niveau CFA ?
Cette évolution correspond à la volonté d’augmenter la performance. Plus on monte, plus la difficulté s’accroît et les détails sont importants. Tout maîtriser du début à la fin de chaque séance d’entraînement, tout gérer de la vie d’un groupe, c’est important pour faire progresser notre équipe.
Quel type d’entraîneur êtes-vous ?
Il faudrait plus demander aux joueurs. Mais entre ma première arrivée en 2006 et ce que je suis actuellement, je pense avoir progressé dans beaucoup de domaines, notamment dans la manière d’appréhender le métier d’entraîneur. J’ai pris de l’expérience aussi à Villemomble. Il y a énormément de paramètres à prendre en compte pour amener un groupe à monter à l’échelon supérieur comme on a pu le faire avec Fleury l’été dernier. Une montée, ce n’est pas le travail d’une seule personne. La récompense revient aux joueurs et au staff bien entendu puisque ce sont eux sur le terrain. Chacun a eu sa responsabilité pour que le club arrive à ce niveau pour la première fois de son histoire.
Sur quels aspects avez-vous évoluez principalement ?
Quand on prône le jeu, on a toujours tendance à dire qu’il faut le ballon du début jusqu’à la fin de la séance. Avec l’expérience, on s’aperçoit aussi que trop de ballon tue le ballon. Parfois le week-end, certains joueurs n’ont pas faim de ballon et de jeu. Par moments, il convient donc de l’enlever d’une séance entière ou d’une partie de la séance pour retrouver cette soif de jouer.
Votre carrière impose un respect naturel de la part du vestiaire ?
Aujourd’hui c’est un avantage surtout pour moi. J’ai pu connaitre beaucoup de joueurs et d’entraîneurs. Avoir un important réseau dans le football, c’est essentiel. Cela fait quarante ans que je suis dans le football. Ça me permet d’appréhender au mieux les problèmes de mes joueurs comme du staff. Pour faire grandir un club, il faut avoir cette expérience indéniable. C’est un petit milieu où tout le monde se connaît. Ce qui se fait dans le Nord, dans le Sud ou encore dans l’Ouest de la France en matière de football peut ressembler à ce qui se fait dans la région parisienne.
Peut-on considérer que vous réalisez actuellement un sans-faute à la tête de Fleury ?
Deux montées effectivement. Mais le club et le président me connaissent bien, je suis quelqu’un d’ambitieux. Le fait d’apporter mon expérience et mon envie avec mon staff qui m’épaule, ça a permis de réaliser ces projets. Ce n’est pas seulement Bernard Bouger qui a fait monter l’équipe mais tout un ensemble de personnes. On a réalisé une très bonne saison précédente puisqu’il y avait beaucoup de concurrents. La seule équipe sortie victorieuse de ce Championnat, c’est l’US Fleury-Mérogis. C’est tout à notre honneur. Mais il ne faut pas se gargariser. On a eu le retour de bâton d’entrée, on a cru que ça allait être facile. On perd des matches sur des fautes aussi directes qu’impardonnables. Si on gagne actuellement, cela veut dire que ces erreurs ont été effacées.
Il y a peut-être encore un manque de rigueur avec toujours au moins un but encaissé par match à l’exception du match de Coupe de France…
C’est vrai mais le jeu est aussi fait d’erreur… Une équipe est un tout, l’erreur est humaine. Quand ça se reproduit à de nombreuses reprises, c’est là que c’est impardonnable. Une erreur de temps en temps, il faut accepter aussi. C’est rattrapable par toute l’équipe, c’est-à-dire les dix autres sur le terrain. On a encore beaucoup de progrès à effectuer  On prend trop de buts effectivement. L’objectif est quand même de marquer des buts et d’être réaliste. Il y a plus de sérénité sur le terrain en ce moment. Les joueurs ont beaucoup plus confiance. On a relevé la tête de l’eau mais le corps y est encore…
La notion de plaisir que vous véhiculez semble de plus en rare dans le football moderne, même au niveau amateur, non ?
Non parce que j’ai toujours considéré le football comme un jeu. A chaque discours, je parle de plaisir et de jeu. En début de saison, j’avais certains joueurs qui n’avaient pas envie de jouer et pour moi ce n’est pas ce qu’il faut. Pour moi, on a la chance de faire le plus beau métier du monde. C’est malheureux de ne pas avoir cette envie de réaliser un tacle juste, une bonne passe ou de gagner un duel. Avant le porteur du ballon n’avait aucune solution et désormais il en a trois ou quatre. C’est vraiment bénéfique.
Comment considérez-vous vos relations avec le président historique du club, Pascal Bovis ?
 
Avec Päscal, on se connaît depuis des années. C’est une histoire d’hommes entre nous et une belle aventure humaine. Pascal a eu l’ambition d’amener Fleuru dans un Championnat national et il y est arrivé. Mais j’ai envie de lui montrer qu’on a encore de belles années devant nous. On a encore du travail, on est loin du compte pour réussir à stabiliser le club en CFA. On a l’occasion de voir les adversaires, leurs structures, leurs moyens. Ce sont parfois des équipes qui ont évolué au-dessus à l’image de Mulhouse durant plusieurs années. J’ai joué contre eux en Ligue 2.
Rester un club familial, n’est-ce pas finalement le plus important pour l’USFM ?
C’est surtout essentiel dans la réussite de ce projet. Changer cette vision des choses, ce serait une erreur monumentale. Fleury, c’est avant tout une famille avec des personnes qui sont ensemble depuis un bon moment. Pour les personnes qui devraient nous rejoindre, il faudra qu’elles aient en tête cet état d’esprit. Le club grandit d’année en année, les jeunes fonctionnent bien aussi notamment avec les U19 DH. La CFA est bien la locomotive du club mais n’oublions pas tout le reste.
Vous puisez déjà chez les U19 avec récemment la convocation de Philippe Spelle…
C’est normal et l’objectif est, à moyen terme, de pouvoir titulariser des jeunes joueurs formés au club. Ça ne va pas arriver du jour au lendemain. Ils doivent continuer à progresser…
Quel est votre agenda de la semaine aux commandes de la CFA ?
 
C’est trois ou quatre matches par week-end mais ça dépend. Ça commence le vendredi où je peux aller voir de la Ligue 2 ou du National. C’est-à-dire que je suis régulièrement le Red Star, le Paris FC ou encore Créteil. Si on joue le dimanche, c’est souvent deux rencontres visionnées le samedi. Et le dimanche je suis avec les Vétérans puis je coach l’équipe dans l’après-midi.
Instaurer des entraînements à la mi-journée, ce n’est pas commun pour un club amateur par ailleurs…
Tout est basé sur des objectifs de performance. Aujourd’hui on est mesure de le faire et c’est ce que j’avais demandé trois mois après mon arrivée début 2012. Cela permet de bénéficier d’une fraîcheur physique et mentale plus importante. C’est mieux que d’attendre le soir et d’avoir un demi-terrain au vu de la complexité de nos installations à l’époque. On a un terrain complet sur toutes les séances.
Fleury a-t-il une place comparable à celle occupée par Lorient ?
Lorient restera toujours mon club de cœur. C’est là-bas que j’ai été professionnel. J’ai aussi un second club de cœur avec Sochaux où j’ai eu le plaisir de connaître la Ligue 1. Mais l’USFM a une grande part dans mon cœur vis-à-vis des grandes choses qu’on a pu réaliser pour l’heure. On essaie de construire patiemment ce club sans se reposer sur nos lauriers. Il y a toujours l’idée de se remettre en question. Il faut toujours avoir un temps d’avance. Être en CFA, ce n’est pas une fin en soi.
Y a-t-il déjà un objectif de montée à court terme ?
Il n’y a pas de pression mais de l’ambition au contraire. Nous sommes dans un contexte où la remise en question doit être journalière sinon hebdomadaire. Réorganiser le staff malgré de bons résultats, ce n’était pas anodin. Nous sommes fiers du parcours accompli. Le plus dur reste toutefois à accomplir…

Propos recueillis par Mikael de Gestion Du Net

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